6/7/2026

Photogrammétrie ou LiDAR : quelle technologie choisir ?

Lorsqu'il s'agit de réaliser une cartographie aérienne, un relevé topographique ou un modèle 3D, deux technologies reviennent systématiquement : la photogrammétrie et le LiDAR.

Toutes deux permettent de produire des données géospatiales extrêmement précises, mais elles reposent sur des principes de fonctionnement totalement différents. La photogrammétrie reconstruit un environnement en trois dimensions à partir d'une série de photographies qui se chevauchent. Le LiDAR, quant à lui, mesure directement les distances grâce à des impulsions laser envoyées vers le sol ou les objets environnants.

Sur Internet, ces deux technologies sont souvent présentées comme concurrentes. En réalité, elles sont avant tout complémentaires. Chacune possède des points forts, des limites et des domaines d'application privilégiés.

Dans de nombreux projets, la photogrammétrie constitue la solution la plus pertinente. Elle permet d'obtenir des orthophotos très détaillées, des modèles 3D photoréalistes et des nuages de points denses à un coût généralement plus accessible. C'est aujourd'hui la technologie la plus utilisée pour les relevés topographiques, le suivi de chantier, les calculs de cubatures, les projets photovoltaïques ou encore la modélisation de bâtiments.

Le LiDAR répond à des problématiques différentes. Grâce à ses impulsions laser, il est capable de traverser partiellement la végétation et d'atteindre le sol là où une caméra classique ne voit que la canopée. Il est donc particulièrement adapté aux relevés forestiers, aux terrains fortement boisés ou aux infrastructures complexes.

Choisir entre ces deux solutions ne consiste donc pas à rechercher la technologie la plus moderne ou la plus coûteuse, mais celle qui répond le mieux aux objectifs du projet. Dans certains cas, une mission de photogrammétrie fournira un résultat plus précis, plus détaillé et plus économique. Dans d'autres, le LiDAR sera tout simplement indispensable.

Dans ce guide complet, nous comparons leur fonctionnement, leurs avantages, leurs limites, leurs coûts, leurs livrables et leurs domaines d'application afin de vous aider à sélectionner la technologie la plus adaptée à votre besoin.

Qu'est-ce que la photogrammétrie ?

La photogrammétrie est une technique qui consiste à reconstruire un environnement en trois dimensions à partir d'une série de photographies prises selon un plan de vol précis.

Le drone capture plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'images présentant un important recouvrement. Des logiciels spécialisés identifient automatiquement les points communs entre les clichés afin de calculer leur position dans l'espace et de reconstruire une représentation tridimensionnelle extrêmement détaillée.

À partir de ces photographies, il est possible de produire :

  • une orthophoto géoréférencée ;
  • un nuage de points dense ;
  • un modèle numérique de terrain (MNT) ;
  • un modèle numérique de surface (MNS) ;
  • un maillage 3D texturé ;
  • des courbes de niveau ;
  • des calculs de surfaces et de volumes.

Aujourd'hui, la photogrammétrie représente la solution la plus utilisée pour les missions de cartographie par drone grâce à son excellent compromis entre précision, richesse des données et coût de mise en œuvre.

Comment fonctionne la photogrammétrie ?

Le principe repose sur la vision stéréoscopique.

Chaque point du terrain est photographié sous plusieurs angles différents.

Le logiciel compare ensuite ces différentes vues afin de calculer précisément la position de chaque point dans l'espace.

Le processus comprend généralement :

  1. la préparation du plan de vol ;
  2. la prise de centaines de photographies ;
  3. l'alignement automatique des images ;
  4. la génération du nuage de points ;
  5. la création des différents livrables.

Plus le recouvrement entre les photographies est important, plus la reconstruction est précise.

Qu'est-ce que le LiDAR ?

Le LiDAR (Light Detection And Ranging) est une technologie de télédétection active qui mesure directement les distances grâce à un faisceau laser.

Contrairement à la photogrammétrie, qui analyse des photographies, le LiDAR envoie plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d'impulsions laser chaque seconde.

Chaque impulsion rebondit sur une surface avant de revenir vers le capteur.

En mesurant avec une très grande précision le temps de retour de chaque impulsion, le système calcule la position exacte des points mesurés.

Le résultat est un nuage de points tridimensionnel représentant fidèlement le terrain et les objets présents.

Pourquoi le LiDAR traverse-t-il la végétation ?

L'une des principales forces du LiDAR réside dans sa capacité à enregistrer plusieurs retours pour une même impulsion laser.

Une partie du faisceau est réfléchie par :

  • les feuilles ;
  • les branches ;
  • les arbustes.

Une autre partie poursuit son trajet jusqu'au sol avant de revenir vers le capteur.

Le logiciel est alors capable de distinguer les différents niveaux de végétation et d'isoler les points correspondant au terrain naturel.

C'est cette caractéristique qui rend le LiDAR particulièrement performant dans les zones boisées où la photogrammétrie ne peut généralement observer que la surface de la canopée.

Conseil de l'expert Mister Drone : Dans la majorité des projets de construction, de topographie, de suivi de chantier, de calcul de cubatures ou de modélisation de bâtiments, la photogrammétrie offre aujourd'hui le meilleur équilibre entre précision, richesse des données et coût. Le LiDAR devient particulièrement pertinent lorsque le terrain est fortement végétalisé, lorsque le relief doit être mesuré sous la canopée ou lorsque les contraintes du projet nécessitent un relevé laser.

Les avantages de la photogrammétrie

La photogrammétrie est aujourd'hui la technologie la plus utilisée pour les missions de cartographie par drone. Son succès s'explique par sa capacité à produire des données très riches, tout en conservant un coût d'acquisition relativement maîtrisé.

Pour de nombreux projets, elle constitue la solution offrant le meilleur rapport entre qualité, précision et budget.

Une restitution photoréaliste du terrain

Contrairement au LiDAR, la photogrammétrie s'appuie sur des photographies haute résolution.

Chaque point du modèle 3D est associé à une texture réelle.

Le résultat est particulièrement intéressant pour :

  • les présentations clients ;
  • les études architecturales ;
  • les inspections visuelles ;
  • les suivis de chantier ;
  • les projets immobiliers ;
  • le patrimoine.

Cette représentation fidèle facilite également l'interprétation des données par des personnes qui ne sont pas spécialistes de la topographie.

Une excellente précision

Associée à un drone RTK et à une méthodologie rigoureuse, la photogrammétrie permet d'obtenir une précision centimétrique adaptée à de nombreuses applications professionnelles.

Elle est notamment utilisée pour :

  • les relevés topographiques ;
  • les calculs de cubatures ;
  • les implantations ;
  • les métrés ;
  • les modèles BIM ;
  • les plans de récolement.

Selon les exigences du projet, cette précision peut être renforcée grâce à des points de contrôle au sol (GCP).

Des livrables très variés

Une seule mission peut produire :

  • une orthophoto géoréférencée ;
  • un nuage de points dense ;
  • un modèle numérique de terrain (MNT) ;
  • un modèle numérique de surface (MNS) ;
  • un modèle 3D texturé ;
  • des courbes de niveau ;
  • des calculs de surfaces ;
  • des calculs de volumes.

Ces livrables sont compatibles avec les principaux logiciels de CAO, SIG et BIM.

Un excellent rapport qualité/prix

Les drones dédiés à la photogrammétrie sont aujourd'hui largement démocratisés.

Le coût du matériel et du traitement reste généralement inférieur à celui d'une solution LiDAR.

Pour cette raison, la photogrammétrie est souvent privilégiée lorsque :

  • la végétation est peu dense ;
  • le terrain est visible ;
  • un rendu photoréaliste est recherché ;
  • le budget est un critère important.

Les avantages du LiDAR

Le LiDAR répond à des problématiques que la photogrammétrie ne peut pas toujours résoudre.

Il ne remplace pas cette dernière, mais il devient particulièrement pertinent dans des contextes spécifiques.

Mesurer le terrain sous la végétation

Il s'agit probablement de son principal avantage.

Grâce aux impulsions laser et aux retours multiples, une partie des faisceaux atteint le sol malgré la présence :

  • d'arbres ;
  • d'arbustes ;
  • de broussailles ;
  • de végétation dense.

Cette capacité est indispensable pour :

  • les études forestières ;
  • les projets routiers en forêt ;
  • les lignes électriques ;
  • les relevés environnementaux.

Une acquisition indépendante des textures

Le LiDAR mesure directement la géométrie.

Il ne dépend donc pas :

  • de la couleur du terrain ;
  • de la présence de motifs ;
  • du contraste des surfaces.

Il fonctionne efficacement sur des zones où la photogrammétrie peut rencontrer davantage de difficultés, comme certaines surfaces uniformes ou faiblement texturées.

Une densité de points maîtrisée

Les capteurs LiDAR modernes enregistrent plusieurs centaines de milliers de mesures par seconde.

Ils produisent des nuages de points extrêmement réguliers.

Cette caractéristique facilite certains traitements topographiques et certains calculs d'ingénierie.

Une technologie particulièrement adaptée aux grands projets techniques

Le LiDAR est fréquemment utilisé pour :

  • les corridors ferroviaires ;
  • les autoroutes ;
  • les réseaux électriques ;
  • les ouvrages d'art ;
  • les études hydrauliques ;
  • les cartographies forestières.

Dans ces contextes, sa capacité à décrire précisément la géométrie du terrain constitue un avantage majeur.

Dans quels cas utiliser chaque technologie ?

La photogrammétrie est généralement recommandée pour :

  • les relevés topographiques classiques ;
  • les chantiers de construction ;
  • les carrières ;
  • les calculs de cubatures ;
  • les projets photovoltaïques ;
  • les bâtiments ;
  • les modèles BIM ;
  • les inspections visuelles ;
  • les orthophotos haute résolution.

Le LiDAR est particulièrement recommandé pour :

  • les zones fortement boisées ;
  • les études forestières ;
  • les lignes électriques ;
  • les corridors routiers ou ferroviaires ;
  • les projets environnementaux ;
  • les terrains où le relief est masqué par la végétation.

Et si la meilleure solution était... les deux ?

Pour certains projets complexes, la meilleure approche consiste à combiner la photogrammétrie et le LiDAR.

Par exemple :

  • le LiDAR fournit un modèle très précis du terrain naturel, même sous la végétation ;
  • la photogrammétrie apporte des textures réalistes, une orthophoto haute résolution et un modèle 3D visuellement riche.

Cette combinaison est utilisée sur certains projets d'infrastructures, de patrimoine ou d'aménagement du territoire, où la précision géométrique et la qualité visuelle sont toutes deux essentielles.

Conseil de l'expert Mister Drone : Dans la grande majorité des missions réalisées pour des géomètres, entreprises de construction, carrières, promoteurs immobiliers ou développeurs photovoltaïques, une photogrammétrie réalisée avec un drone RTK répond parfaitement aux besoins tout en offrant un excellent rapport qualité/prix. Le LiDAR devient particulièrement pertinent lorsque la végétation masque le terrain ou lorsque le cahier des charges impose explicitement un relevé laser.

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